Publié en août 2020

Préfacé par Jean-Noël Cuenod

Prix d'Honneur 2020

de l'Académie des Jeux Floraux du Béarn

« Par le biais de l'imagination littéraire, tous les arts sont nôtres » affirmait Gaston Bachelard. En effet, la poésie les contient tous, dans le regard qu’elle pose sur le monde, dans la musicalité du verbe qui lui est propre.

 

Nous sommes frères ; la fleur 
Par deux arts peut être faite. 
Le poète est ciseleur,

Le ciseleur est poète

 

écrivait Victor Hugo à Froment-Meurice, son ami orfèvre.

 

Dans son recueil Éphéméride Marie Vermunt offre une résonance singulière à ces propos en réunissant poèmes, images et musiques.  Éphéméride, un écrin où chaque poème déposé sur une image choisie, se prolonge à l’écoute des musiques complices.

Dans cet ouvrage tissé point par point sur la toile des silences entendus, les poèmes s’effeuillent au fil des mots ciselés dans l’acuité du regard. Dans un style concis et lapidaire parfois, l’auteur sculpte cette présence au monde.

 

Dans sa préface, "Ephéméride éternel"  Jean-Noël Cuenod écrit :

"Précieux sans préciosité, ciselé sans fioriture, précis et libre à la fois, l’ouvrage de Marie Vermunt que vous tenez, là, entre vos mains est un objet rare. Et ce tremblement léger que vous éprouvez en le faisant décanter dans votre esprit a pour cause cette part des anges qui transforme l’alcool en nectar.

 

Son titre, EPHEMERIDE, évoque à la fois cet effeuillage quotidien du calendrier qui distille l’Inéluctable au compte-gouttes et le document qui inscrit la position des astres dans leur éternel retour. Il fait aussi allusion à son cousin, l’adjectif « éphémère » qualifiant ce qui ne dure que l’espace d’un instant.

Plus cet instant est réduit, plus il évoque l’éternité, comme ces structures élémentaires du microcosme qui illustrent la géométrie du macrocosme.

 

L’éternel présent est cet état d’être qui transcende l’espace et le temps pour faire entrevoir à nos consciences cet univers où la vie et la mort ne sont plus perçues comme des oppositions et constituent les deux aspects d’une même réalité supérieure.

A notre sens, cet « état d’être » n’est autre que cet « état de poésie » évoqué et invoqué par le grand poète genevois Georges Haldas.

L’éternel ne vit que par ce présent trop souvent insaisissable au regard humain, aveuglé qu’il est par les illusions d’un passé sans cesse refait comme le visage d’un vieux beau et d’un avenir repeint aux couleurs criardes des colifichets en verroterie.

En enchâssant ses poèmes d’illustrations inspirantes et d’œuvres musicales inspirées, Marie Vermunt crée une poésie en trois dimensions : largeur des images, hauteur des musiques et profondeur des poèmes.

Première feuille de l’éphéméride, « Notre Dame immolée », ce sinistre – le mot qui convient – dont les flammes n’ont pas ravagé que la forêt ancestrale des charpentes mais aussi les cœurs humains. Tous les cœurs, même ceux qui, à cette occasion, ont découvert leur part sacrée avec autant d’étonnement que de chagrin.

Autres feuilles, celles laissée par l’insurpassable cathédrale, celle que la nature ne cesse d’édifier contre vents, marées et destruction par main d’homme. A cette beauté suprême succèdent les vilenies humaines et les larmes enfantines. Mais l’amour va revivifier nos branches mortes et déjà Les fragrances généreuses / Esquissent sur les lèvres moroses/ Le paraphe de la grâce retrouvée.

Tout est dit et bien dit."

Jean-Noël Cuénod

 

A la lecture d'Ephéméride, Giovanni Merloni écrit :

Ici, à côté des “non-dits”, qui font désormais partie, telles des voix en contre-chant, de votre univers poétique, je découvre une attention encore plus fouillée à la force symbolique des mots ainsi qu’à leur élégante beauté :

« Orfèvre, l’hiver taille

Dans l’or blanc des frimas

Sa parure de cristal

Pailletée de transparence »

Dans votre style je retrouve et admire aussi un singulier “esprit de décadence”, jaillissant sans doute du sentiment affreux d’un monde qui va disparaître autour de nous : un monde qui a pourtant existé, dont nous sommes preuves et témoins à la fois.

Il s’agit en tout cas d’une décadence purement esthéque, qui fait de contre-chant elle aussi - comme les non-dits -à votre irréductible “besoin de sens” et d’histoire.

La vie est bien périssable, comme les fleurs de Jacques Brel, mais c’est justement là, en cette décadence allant vers la mort, que réside le charme irremplaçable de la vie, n’est-ce pas ?

 

[…] le mot qui relie l’ensemble de votre œuvre comme une dentelle dorée : l’équilibre ! Vous êtes une équilibriste se baladant sur un fil de soie balayé par les vents contraires de l’oubli et de la sagesse, de la rêverie et de l’expérience.

Ouvrage disponible sur commande chez l'auteur -  au prix de 15,00€

 

Marie Vermunt

Le Lazarier

05380 Châteauroux-les-Alpes

06 81 93 32 26